Née au Liban, adoptée en France.

Je m'appelle Sylvie Poupelin Valin, et le lendemain de ma naissance les soeurs sont venues me chercher pour m'emmener à la crèche, et 2 mois après, je suis partie pour la FRANCE en VENDEE où j'ai été adoptée par une famille généreuse et superbe à qui je dois tout

J'ai passé une adolescence rebelle, j'étais bien dans ma tête, enfin je le croyais. Jamais je ne voulais entendre parler du LIBAN, quand la télévision était allumée, je quittais la table, tout ça pour dire que finalement ça mûrissait à son rythme.

En 1992, mon 1er fils est né, ça allait, je commençais à me poser des questions, mais sans plus, ma vie continuait... Trois ans après en 1995, mon second fils arrive, j'était comblée, 2 enfants un mari, une vie tout à fait normale. Cela a bien demandé 2 à 3 ans mais plus tard, là j'ai pété les plombs, comme on dit, le passé s'est réveillé en moi, des questions sans réponses et sans réponses on ne peut pas avancer. Mes enfants finalement à qui ressemblaient-ils ?

Un jour, par hasard, on m'a communiqué le numéro de téléphone de l'association des enfants adoptés du Liban et je me suis mise en contact avec eux. C'est un grand soulagement de savoir qu’on n’est pas seul à être différent des autres.

Aujourd’hui, je suis à la recherche de mes origines et de mon passé, pour pouvoir avancer dans ma vie, j’ai besoin de savoir qui je suis, car je n'ai pas d'identité.

Professionnellement c'est une vraie catastrophe, je ne n'arrive pas à me stabiliser. Tout est flou dans ma tête. Pourtant il faut avancer parce ce qu'on n'a pas le choix. Pour mes enfants et mon mari, il le faut, mais c'est quand même très dur.

Il n'y a pas une journée où mon passé n'est pas présent. Mais par où commencer ?

Moi-même dans ma tête, j’ai beaucoup mûri dernièrement, mais l'on n’efface pas un passé que l’on n’a jamais connu et sans le connaître, je ne peux pas avancer.

Cela fait 1 ans à peu près, que je fais une thérapie, ça m'aide à m'accepter comme je suis, mais ça ne répond pas à mes questions, toujours ses questions qui me prennent la tête et auxquelles peut-être, je n'aurai jamais de réponses, j’en suis tout à fait consciente, malgré tout j'ai toujours un espoir.

Je ne suis jamais retournée dans mon pays, car je suppose que le moment n'était pas venu, mais maintenant que je suis prête à y aller, financièrement je ne peux pas, car actuellement je suis au chômage, mais ce n'est que partie remise. Voir la terre ou je suis née, connaître mon pays qui me hante tant, et qui me manque aussi.

Aujourd’hui je suis en attente de mon dossier, pour pouvoir me stabiliser, me construire, être mieux dans ma tête et pouvoir vivre ma vie pleinement. Car ses doutes, ces manques, c’est très dur à vivre et un jour peut-être pouvoir raconter une belle histoire à mes enfants qui me posent énormément de questions dont je n'ai pas la réponse. Donc finalement, toute ma famille est affectée par mon histoire.

Voilà quelques lignes de mon histoire. Merci à tous.

Sylvie